Essaouira fait la belle

Essaouira, rue d'Irak, Carnet de voyageA deux pas d’ici, la rue Mohammed El Quouri explose de couleurs, de clameurs et de saveurs sucrées-salées. Les cinq sens s’exposent à toutes les expériences… Peindre ce coeur palpitant. En immersion.
Carnet de voyage à Essaouira, octobre 2017.

 

Croquis en ville – S’ouvrir à d’autres horizons graphiques

Chinatown, Carnet de voyage à Chiang-Mai

Carnet de voyage à Chiang Mai, Thaïlande, Delphine Priollaud-Stoclet.

Peindre l’énergie des villes, c’est poser l’œil et la main sur leur cœur palpitant, leurs odeurs, les gens qui se croisent, les lumières qui clignotent, s’allument et se reflètent, les zones d’ombres.
Je travaille en immersion :  voir tout en même temps, ultra-concentrée pour m’imprégner et ressentir en étant au cœur de l’action et du sujet, ici et maintenant.

Pas question de disséquer l’action en réduisant toute cette vie fascinante à des formes froidement additionnées avec une logique toute mathématique.

Animée d’une intention qui me fait voir au-delà mon champ de vision, je dessine globalement sans rien différencier : les personnages évoluent au même rythme que l’architecture, une file de voitures se connecte à un immeuble, tandis qu’une tache de  lumière colorée rassemble d’une éclaboussure les mille et une facettes composant ce puzzle urbain.

Tout penser en relation et sans arrêts. Considérer le croquis comme un réseau de couleurs et de lignes qui peu à peu laisseront percevoir le vrai sujet : le mouvement, la composition, les transitions, les contrastes… A projeter à n’importe quel prix des formes distinctes bien faites pour ressembler, on isole au lieu de rassembler. Chaque élément ignorant l’autre sans relation possible, le croquis, autiste, peine à transmettre une émotion vraie.

Dessiner globalement implique l’exploration de l’informe, d’accepter l’imprécision, le débordement, le hasard, de s’adapter à chaque instant, de remettre en question ses certitudes.
Regarder VRAIMENT, sans clichés ni idées préconçues.
Penser à mille choses en même temps.
Etre créatif, tout simplement.

Carnet de voyage à Cannes

Carnet de voyage à Cannes, Delphine Priollaud-Stoclet

Carnet de voyage à Naples

Carnet de voyage à Naples, Delphine Priollaud-StocletCarnet de voyage à Naples, avril 2017, Delphine Priollaud-Stoclet.
Début d’après-midi. Une brise légère, du soleil. J’arpente les ruelles pentues du quartier Spagnoli, un peu triste et déprimée, à la recherche d’un point de vue capable de me faire sourire. Fatiguée sans doute.
Vico Grotta Mastrodatti surgit à un carrefour. Des mètres et des mètres de caleçons aux jambes pendantes et remuantes, de draps rendus fous par le vent, de serviettes éclatantes au soleil animent les maisons en faisant dialoguer l’intime d’une lessive avec des façades qui en ont vu bien d’autres.
Je m’amuse avec les coulures d’ombres et de lumières, les pigments qui scintillent, un dialogue improbable (engueulade ou mots d’amour ?) qui passe en force à travers les volets entrouverts.
Tout à coup résonne l’Ave Maria de Schubert. Il se rapproche, je dessine, je regarde, concentrée. De plus en plus fort, juste derrière moi. Bêtement, je pleure. Le soleil éblouissant ? La musique ? Autre chose ? Je me retourne : ils sont là, deux petits garçons roumains transportant une énorme radio crachant Schubert à tue-tête et qui m’observent peindre sans rien dire, de longues minutes. Puis ils disparaissent et la musique aussi.
Encore une ou deux lignes, une tache de rouge et de jaune. Du blanc. Une pause.

Souvenir de vacances – Tellaro, Cinq Terres, Italie

Carnet de voyage dans les Cinq Terres, Italie, TellaroJuin 2016, Tellaro
Feuilletant mes dessins d’été, je retrouve cette aquarelle esquissée à Tellaro à l’heure du Spritz les pieds dans l’eau.

Tellaro, c’est un ravissant village de pêcheurs encore préservé des hordes de touristes agglutinés dans les villages perchés des Cinque Terre, à quelques encablures de là…
Pardonnez-moi ce cliché de vacances au soleil, mais rien ne me donne le sourire comme croquer la dolce vita à l’italienne.

Un croquis, une histoire. Jaisalmer, une ville en or

Jaisalmer, Rajasthan

Jaisalmer, Rajasthan

Jaisalmer, Rajasthan (Inde), 3 décembre 2015

En ce milieu d’après-midi brûlant, la ruelle étroite bordée d’encorbellements de pierre ciselée si finement qu’en comparaison la dentelle paraît une broderie grossière, s’enfonce vers une flaque de soleil abolissant tous les contours.
La couleur dorée si particulière de la pierre de Jaisalmer qui rappelle le sable du désert du Thar tout proche, a donné à la ville son surnom de ville jaune.

Jaisalmer est une ville précieuse où l’or et la boue s’enlacent et s’entrelacent.

Une petite terrasse surélevée borde la rue dans le prolongement de la maison, avec une chaise en plastique abandonnée là qui offre un confort et un point de vue parfaits.
Je m’assois là pour dessiner, protégée de la foule des rats filant dans les rigoles d’égoûts à ciel ouvert.
Un peu plus tard, un père et son petit garçon prennent place également.
Il crache avec une régularité de métronome et un affreux raclement de gorge. Je préfère ne pas y penser.

L’enfant s’enhardit, attrape alors un crayon dans ma trousse. Le père s’excuse avec un sourire qui retrousse sa moustache.
J’arrache une feuille pour le petit.
Il gribouille en poussant des cris de joie, et sur mon croquis, avec un peu de gris de Payne mélangé au violet de cobalt, s’illuminent les dernières touches d’ombre.

J’abandonne à Jaisalmer un crayon de papier contre le rire d’un enfant.

Un croquis, une histoire. Indian truck

  1. Indian truck, crayons aquarellables

La route défile à un train d’enfer entre Udaipur et Bijaipur, ponctuée de cahots et de klaxons.
Vaches divagantes, cochons vagabonds, saris éclatants ondulant dans un nuage de poussière jaune, attelages de fortune. Des femmes portent en guise de coiffure d’incroyables fagots de branchages qui les transforment en équilibristes. D’autres se pavanent en amazone à l’arrière d’une mobylette, scintillantes de paillettes et breloques au kitsch magnifique.
Mais les rois de la route, ce sont les incroyables camions Tata, pavoisés comme des temples roulants pour divinités pétaradantes. Pompons porte-bonheurs, fleurs en plastoc, chromes rutilants, grigris et amulettes, décorations peintes avec amour pour conjurer le mauvais sort et les accidents. Il le valent bien !
Scotchée à la fenêtre du bus, je croque à toute allure ces monstres arc-boutés sous un improbable chargement qui doublent sans ménagements. Alertés par un coup de corne tonitruant, on se rabat vite fait, marmonnant en silence une prière afin qu’un essieu ne cède pas là, juste devant nous. Ou pour dégager par la force de la pensée une sacrée vache plantée sur la quatre voies, indifférente au Dieu Tata.

Out of the window – 10 janvier 2016

Par la fenêtre

Trop frileuse pour dessiner dehors en hiver, je regarde par la fenêtre de ma cage d’escalier, bien au chaud. Les arbres tout nus, les cheminées fumantes et les jardinets abandonnés. Le bambou géant du voisin affiche une santé éclatante, comme une touche de printemps lumineuse dans la grisaille d’un dimanche matin de janvier.
Carnets de quotidien, Le Perreux sur Marne,  Delphine Priollaud-Stoclet. Encre et aquarelle.

Dans les petits papiers de Dalbe – Essai n°3

Essai Dalbe, les pinceaux

Essai Dalbe, les pinceaux

J’ai poursuivi ma série d’essais pour la marque Dalbe au Maroc, où j’animais un stage Carnet de voyage à Essaouira et à Fes.
Dans ma trousse de voyage, trois pinceaux : un set de deux pinceaux composé d’un pinceau à lavis en petit gris pur n°2 et d’un pinceau en martre n°4, ainsi qu’un pinceau en martre n°8 de la gamme 27 OR.
Pinceau martre, essai DalbeCes pinceaux m’ont accompagnée tout au long de notre périple et j’ai eu beaucoup de plaisir à m’en servir. L’inconvénient majeur d’un pinceau à lavis en petit gris est de perdre ses poils à cause d’une touffe mal liée. Là, aucun problème ! Mon pinceau est revenu de voyage avec tous ses poils et en parfait état. J’ai particulièrement apprécié la nervosité de la pointe et une prise en main agréable.
La taille du pinceau à lavis n°2 permet d’aborder sans stress de surfaces relativement importantes telles que les ciels qui demandent un traitement rapide dans l’humide. En effet, la capacité d’absorption de l’eau de petit gris autorise un grand confort de travail. En plus, mouillée et essuyée, la pointe du pinceau se fait toute fine : c’est idéal pour les détails, et cela sans changer de pinceau.
Le pinceau en martre inclus dans le set remplit sa mission pour les repiquages et les petites surfaces, avec une jolie nervosité, caractéristique des martres de bonne qualité. Idem pour le pinceau en martre n°8, doté en plus d’un manche ergonomique vraiment bien étudié pour une bonne prise en main. Mine de rien, c’est très agréable !
Pinceau martre, essai DalbleUn petit regret toutefois : l’absence d’indication concernant l’espèce de la martre utilisée dans la fabrication de ces pinceaux… S’agit-il de la martre Kolinsky de Sibérie, réputée pour donner des pinceaux aux pointes effilées remarquablement dynamiques et nerveuses ? Si c’est le cas, il faut le dire ! Sinon, on aimerait en savoir un peu plus sur la provenance des poils.

Mon astuce :
Conservez précieusement les petits tubes en plastique qui protègent la pointe des pinceaux, et remettez-les en place après avoir utilisé vos pinceaux. Ainsi, vous préserverez « le pointu » de la pointe plus longtemps et éviterez de les abîmer en les transportant dans une trousse. N’hésitez pas à vous procurer un pincelier, plus pratique pour ranger vos pinceaux.
Set de deux pinceaux pour l’aquarelle
http://www.dalbe.fr/pinceaux-aquarelle/1000-pochette-pinceaux-aquarelle-dalbe.html
Pinceau Martre 27OR – Dalbe : à partir de 2,45 euros
http://www.dalbe.fr/pinceaux-aquarelle/4562-pinceau-martre-270r-dalbe.html

Un croquis, une histoire. Les galets de Vernazza.

La plage à Vernazza, Delphine Priollaud-StocletUne chaleur et une foule étouffantes.
La Méditerranée qui nous tend les bras, couleur menthe à l’eau.
Il est tard et l’idée de nous entasser dans un train bondé pour rejoindre La Spezia n’est guère enthousiasmante.
Nous suivons bêtement un groupe de personnes qui se dirigent vers un tunnel sombre et malodorant. Au bout, la plage ! Laurent se déshabille en 4 secondes et fonce vers la mer en gueulant « putain de galets brûlants ! ». Moi, j’avise un chapeau de paille abandonné et une bimbo qui bronze. C’est à l’aquarelle que je me jette à l’eau, tandis que les rochers se voilent de paillettes dorées au fur et à mesure que s’incline le soleil.Le chapeau disparaît, la fille aux cheveux vénitiens se rhabille.
Mes aquarelles sont pleines de sable.